Pour mes 50 ans j'ai décidé de m'offrir un moment inhabituel, retourner dans le ventre de ma mère. Je n'ai jamais fait ce genre d'exercice mais cela m'appelle. Je suis en toute confiance, je suis avec Martine, la formatrice en fleurs de Bach, formation de niveau 1 que j'ai suivi il y a 3 semaines. Formidable formation au passage.

Cela s'appelle "Sophrologie vie intra-utérine"

 

Je m'installe sur une table de massage, Martine est juste à côté. Pas besoin de prendre trop de temps dans le questionnement, j'ai déjà répondu à un questionnaire dans la semaine précédente. Cela permet de consacrer un maximum de temps à ce voyage tout particulier. Je démarre avec quelques grandes respirations pour entrer dans une certaine relaxation. Puis nous descendons en profondeur mais tout en restant consciente de ce qui se passe et à l'écoute de la voix bienveillante de Martine. Je conscientise les points d'appui de mon corps sur la table de massage.

Nous allons tout d'abord dans un endroit de calme, d'ancrage. J'ai pensé d'emblée à la cascade en Corse près de la maison mais tout d'un coup c'est une autre image qui s'impose. Le feu sacré à veiller au week-end chamanique que j'ai vécu en septembre l'année dernière. Quel bel endroit pour retrourner au calme et vers l'ancrage. Martine me dit que je peux y retourner à tout moment et qu'elle est là pour me guider si besoin.

Et tout doucement nous entrons dans la phase de décollage vers l'inconnu qui a été si familier puisqu'il s'agit de mon enfance. Martine me demande quelle première image vient se présenter à moi. Je m'attends à me voir en bébé ou en embryon puisque le voyage a pour destination ma vie intra utérine. Je suis surprise. Je me vois à l'adolescence, appuyée contre une voiture. Il s'agit d'une photo qui a été prise à l'époque. Martine me demande quelle émotion, quel sentiment cela m'évoque. La tristesse, je ne saurais pas dire pourquoi mais c'est la tristesse qui me vient. Les bords de mes yeux commencent à s'humidifier. Martine me demande avec la plus grande douceur, pourquoi la tristesse ? Qu'est-ce que cela m'évoque ? Le manque de la présence de mes parents. Le mot absence me vient. Le manque de câlins avec eux. Sentiment de peur de ne pas être aimée.

Puis nous continuons la descente vers la petite enfance. Les images ne semblent pas vouloir venir. J'ai la gorge serrée, comme oppressée. Martine est toujours là, bienveillante qui utilise les bons mots et de sa douce voix me permet de calmer cette montée d'émotion. Je me vois avec mes 3 frères et ma soeur, nous sommes petits, nous jouons ensemble. Il n'y a que nous, il n'y a pas mes parents. Je ne sens pas leur présence. Les mots me viennent "livrés à nous même". Ils sont là, sans être là. Martine me dit de garder en moi cette joie qui nous lie avec mes frères et soeur. De sentir cette harmonie entre nous.

Qu'est-ce que je souhaiterais dire à mes parents ? J'entends cette question de Martine. Les mots ont du mal à venir. Ils bloquent dans mon cerveau. Je me rends compte que je n'ai pas l'habitude d'exprimer si ouvertement mes sentiments à mes parents. Je souhaiterais leur dire que je les aime, puis je suis amenée à m'adresser directement à eux. Je vous aime, j'aurais aimé jouer avec vous, à n'importe quel jeux, peu importe, le principal c'est de jouer ensemble. Je veux des câlins, de la reconnaissance, que mon père soit fier. Je sais qu'il est fier mais il ne l'exprime pas. Il faut que vous arrêtiez de vous disputer, qu'on soit témoin de vos "engueulades". Par moment je m'adresse à eux, par moment c'est indirect.

Puis le voyage continue, je vois d'un seul coup ma mère, jeune, assise sur une chaise, elle a les cheveux court. Les mots, souriante et calme me viennent. C'est avant ma naissance, je pense. Puis je vois mon père habillé en militaire en Algérie et le mot Force me vient. Les images sont des photos que j'ai déjà vu. Martine me fait entrevoir ce que mes parents m'ont transmis, le sourire, le calme mais la force aussi. Il faut que je me nourrisse de cela.

Martine me demande de voir la petite fille intérieure de ma mère. Et là c'est une grosse montée d'émotion qui surgit sans crier gare. Les yeux se mouillent de plus en plus pour finir en sanglot. Martine me dit d'accueillir cette émotion, de la laisser s'exprimer. Sentiment de grande tristesse envers cette petite fille. Martine me demande d'exprimer la raison de cette tristesse. Tristesse d'avoir perdu ses parents, tristesse d'être orpheline. Les larmes coulent à flot mais agissent en purificatrices. Puis cela se calme, Martine me demande comment je me sens à présent. je me surprends à consoler la petite fille intérieure de ma mère. Ma petite fille intérieure est venue réconforter la petite fille intérieure de ma mère. Quelle belle image, c'est doux, tendre.

Puis nous passons au petit garçon intérieur de mon père. Mais là, je n'arrive pas à visualiser. Le mot jovial me vient, mais c'est tout. 

Nous échangeons sur les blessures émotionnelles de mes parents, sans vouloir minimiser ce que j'ai pu ressentir dans mon enfance, nous comprenons aussi le manque qu'ils ont également ressenti, surtout ma mère.  Les mots, acceptation, compréhension se bousculent dans mes pensées.

Puis, nous repartons au moment de ma conception. A la toute première cellule qui se forme à partir du mélange de ma mère et de mon père. J'ai le mot fusion dans ma tête. Puis je vois un foetus, je vois ma mère enceinte, elle touche son ventre. Martine me demande de ressentir avec mon corps la sensation des mains de ma mère sur son ventre. Je ressens de la chaleur, elle est au niveau de mon ventre, c'est une chaleur douce, enveloppante. 

Tout à coup, ma gorge de nouveau se crispe, j'ai la mâchoire qui se contracte. Les mots colère, dispute me viennent en tête. Puis cela se calme. je vois ma mère enceinte, prête à accoucher. Je vois sur son visage un cri puis je suis là, cela a été très rapide.

Puis peu à peu nous rattrapons le court du temps en repassant de l'enfance à l'adolescence et là je revois à nouveau la photo de moi, ado, contre la voiture. Et comme par enchantement, le sentiment de tristesse a disparu. Je vois de la joie. Le voyage que je venais d'entreprendre à l'aide de Martine commence déjà à faire son effet.

Puis je reprends conscience de mon corps, des bruits environnants. Je renais à mon corps avec le sentiment d'avoir nettoyé une part d'ombre qui s'était tapie depuis longtemps.

Je suis très contente d'avoir entrepris ce voyage spécial en ce jour particulier d'anniversaire. je viens de fêter mes 50 ans et c'est comme une renaissance.